Aïe, Aïe, Aïe, je suis tombé(e) et j’ai maaaaal !


Mon Petit Chaton s’est fait mal ce week-end, un petit bobo mais on a eu droit aux gros pleurs. Il était dans la chambre avec moi et je l’ai vite pris dans mes bras en lui disant que je comprenais ses pleurs, qu’il s’était fait mal et qu’il avait besoin de pleurer. Je l’ai réconforté et l’ai cajolé en le prenant dans mes bras en lui proposant son doudou. Pour autant, ça  ne suffisait pas et il s’est dirigé au salon où son père tentait de somnoler quelques minutes. Et, là, j’ai tendu l’oreille, mon chéri a fait de même pour rassurer notre fils. Petit Chaton s’est senti entendu à la fois par ses deux parents et hop, il était reparti pour de nouvelles aventures.

Voilà, on l’avait prévenu et on lui avait dit « Tu vas tomber » … il/elle est tombé(e) ou « Laisse les portes coulissantes, tu vas te coincer les doigts ».

En surprotégeant ainsi l’enfant le risque n’est-il pas de sur-dimensionner la peur initiale de l’enfant ou plutôt de transposer nos propres peurs de l’adulte à l’enfant ? En outre le « tu vas » (au lieu du « tu risques ») est une mise en échec car on insinue que l’enfant n’a aucune chance de réussir et on réduit l’estime de soi de l’enfant. D’un autre côté, on ne se doute pas qu’en voulant épargner à son enfant une mauvaise expérience, on l’empêche d’en faire une. Bien entendu, il est important de prévenir son enfant du risque, du danger mais la formulation a des conséquences.

=> Petit conseil : on remplace « attention, tu vas tomber » par « attention, tu risques de tomber ». La formulation « tu risques de … » suppose que l’enfant a un choix, celui d’être vigilant ou, au contraire, de faire le téméraire au risque de tomber et de se faire mal.

Et, parfois, je me plante encore : « ce n’est rien ! »  ou « rhooo mais c’et un petit bobo ! » est une réaction que je peux encore utiliser (hé oui, je suis sur le chemin de la bienveillance … j’apprends jour après jour et, parfois, certains automatismes reviennent au galop) : ce n’est pas la bonne méthode ! Mais je suis qui moi pour dire « ce n’est rien » ? Quand un enfant tombe, il pleure parce qu’il a peut être eu mal ou peur. Dire « ça va passer, ce n’est rien » c’est rabaisser l’enfant et lui dire « ce que tu ressens n’est pas vrai ». Il est important que ses sentiments soient accueillis. Alors, oui, je pense protéger  mon enfant de sa peur mais sans la reconnaître et là est l’erreur.

« Dire à un enfant qui a mal : « ce n’est rien », revient à l’embrouiller,

car on nie son impression alors que justement, il en cherche la confirmation auprès de nous »

Maria Montessori

Au contraire, l’enfant attend de nous que nous puissions accueillir ses sentiments, ses émotions avec une attitude affectueuse : ainsi, on pourrait dire « Tu as eu peur ? Tu t’es fait mal ? J’ai eu peur aussi d’ailleurs quand je t’ai vu tomber ! Tu saignes ? Ca doit piquer, non ? Tu as pris un sacré choc aussi, tu dois avoir très mal… ». En écoutant les émotions de l’enfant, on accueille son sentiment et il se sent reconnu, il sait qu’il a le droit de ressentir toutes les émotions et de les exprimer. Ici, l’enfant se sent compris et ressent très profondément l’empathie des parents. Le contenant qu’apportera celui qui écoute la peur, l’émotion, permettra d’amener l’enfant à un apaisement face à l’intensité débordante de ce qu’il vit. On peut aussi ajouter par la suite « Tu verras, dans quelques instants, ça fera déjà moins mal ». Et, là, on fait passer une suggestion indirecte : cela fait mal mais cela ne durera pas. La douleur va s’arrêter. Une autre chose peut aider l’enfant : agir en pulvérisant une lotion désinfectante, coller un pansement, passer de l’arnica, faire un bisou magique même s’il ne s’agit que d’un placebo. Le fait est que vous vous occuper de l’enfant qui vient de tomber et qu’on lutte contre son mal en détournant justement son attention de celui-ci.

Non, je ne vais pas lui demander « Pourquoi tu pleures ? ». Tout d’abord, parce que mon petit bout de chou n’a que 16 mois et ne saura pas me répondre mais aussi parce que l’enfant, en règle générale, est incapable de répondre clairement quel que soit l’âge car ça demande beaucoup de réflexion. Mon enfant, quand il tombe, a juste besoin que son émotion soit entendue. Par ailleurs, le « Pourquoi » sous entend qu’il n’y a aucune raison de pleurer. Donc autant préférer le « Qu’est-ce qu’il se passe ? » ou « Qu’est-ce que tu ressens ? » … des questions ouvertes qui invitent l’enfant à dialoguer.

Accueillir et reformuler les émotions permet à l’enfant d’être accompagné et de ne pas se laisser envahir par ce qui se passe en lui, apprendre à les canaliser, les exprimer.

En effet, chaque émotion mérite un accueil respectueux sans chercher à rassurer à tout prix mais en favorisant la parole de l’enfant. Il est bienvenu en effet d’aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il vit (ce que Françoise Dolto appelait « mettre ses sous-titres à l’enfant »).

Application :

Prenons l’exemple d’un enfant qui s’amuse à jouer en sautant sur le canapé, on le prévient en disant « attention, tu risques de tomber ! » … on insiste … mais, bon, l’enfant tombe ! Au lieu de dire « ha tiens, tu vois, je te l’avais bien dit ! » qui surenchérit un peu trop, on préfère le « oh, tu es tombé, tu t’es fait mal » en consolant si besoin. Et, ensuite, on essaie de réfléchir : « qu’est-ce que tu étais en train de faire quand tu es tombé(e) ? …  « hum sauter sur le canapé » … et, là, l’enfant comprend la leçon. Il se peut malgré tout qu’il ou elle recommence … mais l’enfant ne se sentira pas nié dans ses émotions et pourra se tourner vers ses parents quand il aura fait une grosse « bêtise » car la première réaction de ces derniers n’aura pas été « ha je te l’avais bien dit !!! ».

On peut lire à ce sujet Au coeur des émotions de l’enfant de Filliozat Isabelle.

Un bon réflexe : positiver

Un enfant qui est tombé est vexé. On peut alors positiver avec des paroles bienveillantes « Comme tu es courageux ! « , « Tu es un as du vol plané » … On dédramatise alors la situation tout en respectant la colère de l’enfant qui a échoué.

Et pour apprendre à relativiser aux plus grands ?

On peut demander à l’enfant s’il a moyennement mal ou très mal et, là, on attire l’attention sur la douleur de façon intellectuelle (il s’agit de donner une échelle de la douleur ressentie). L’enfant doit prendre du recul.  Il remet un peu d’intellectuel dans son émotion. Généralement, l’enfant répondra qu’il n’a que moyennement mal et repartira jouer.

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