Je vais t’Aimer, je vais M’AIMER


Ce matin, je suis tombée sur une photo de moi qui date de 2012 sur laquelle je souris. A ce moment-là, je fais bien 10-15 kilos de moins. Je viens de perdre du poids pour me sentir mieux dans mon corps et pour mettre fin à des douleurs sciatiques que je traîne depuis des années (hernie discale en L5-S1). Je fais du sport régulièrement, mon corps est tonique. Je me sens fière du parcours que j’ai accompli à force de motivation et d’entrain. Je suis une jeune femme pleine de vie, pleine d’envies et prête à profiter de tout, une hyperactive qui a soif d’être. Quelques mois après cette photo, j’apprends que je suis enceinte et je vais savourer ce bonheur de la vie.

Cette jeune femme me manque … elle me manque terriblement.

Elle a disparu. Elle s’est éteinte.

Après l’accouchement, en 2014, les douleurs sciatiques sont là de nouveau et me terrassent. Après plusieurs longs mois de souffrance, je finis par me faire opérer. On m’enlève une hernie calcifiée. Je peux à nouveau marcher. Je me dis que c’est la fin du cauchemar … mais ça ne fait que commencer … c’est juste le début d’un long parcours du combattant … rien de moins.

En 2015, je suis diagnostiquée fibromyalgique. La douleur est quotidienne. Chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde, chaque geste est une souffrance. Je suis fatiguée d’être en douleur. Mon corps combat tout le temps. Mon corps est épuisé. Mon corps n’en peut plus. Je serre les dents car j’ai un bout de chou et je ne veux pas lui offrir l’image d’une maman dépressive … Alors, je continue. J’avance. Mais qu’est-ce que c’est dur !!! Qu’est-ce que c’est compliqué !

Ce matin, j’étais tellement attristée en voyant cette photo … tellement vide de celle que j’étais et que j’aimerais tant retrouver. Mais, finalement, après réflexion, est-ce que je peux dire aujourd’hui que cette jeune fille du passé était heureuse ? Est-ce que je peux dire que cette jeune fille du passé allait bien alors qu’elle avait moins de douleurs ? Je ne suis malheureusement pas sûre.

Je ne sais pas si mon article va être compris ou non car c’est un peu confus dans ma tête. Malgré les douleurs que je vis au jour le jour et la souffrance physique et/ou psychologique nées de la fibromyalgie, je me sens plus « heureuse », plus « épanouie » en quelque sorte. Et, pourtant, je vis un calvaire depuis près de 3 mois : mon état s’est notablement dégradé et je me sens brisée, cassée de partout. C’est paradoxal, n’est-ce pas ? Pas tant que ça quand y regarde de plus près … La jeune fille du passé qui me faisait de l’oeil ce matin se retrouve, aujourd’hui, dans une situation critique : elle est au pied du mur, elle est obligée de prendre soin d’elle pour aller mieux, de se réparer et, pour cela, elle se doit de se recentrer sur elle-même, de se rencontrer.

La maladie, la fibromyalgie, me coûte énormément au jour le jour mais, contre toute attente, c’est un MAL pour un bien qui me permet d’apprendre. Je chemine vers ma propre découverte. Je chemine vers ma propre rencontre. Je sais que cette route sera longue et semée de bourrasques et de tempêtes bien difficilement gérables mais, parfois, il y a aura aussi de jolies embellies qui me porteront encore et encore.

Alors, oui, c’est juste horrible de vivre certaines de ces tempêtes.

Aujourd’hui, par exemple, je suis épuisée physiquement (mal partout tout le temps – je vous passe les détails – et céphalée de tension) en plus d’être fatiguée moralement par une poussée fibromyalgique, longue dans la durée, qui attaque jour après jour mon corps brisé de souffrance. Je suis allée chercher mon fils à midi à l’école. Mercredi est la journée des enfants. Je savais que je n’aurai pas la force d’assumer pleinement mais je n’allais tout de même pas le laisser sur le parvis de l’école à attendre … J’ai pris mon courage à deux mains, je suis montée en voiture en serrant les dents pour le récupérer. Une fois qu’il était dans le véhicule et moi au volant, quelques larmes ont coulé sur mes joues car je venais de fournir un effort incommensurable au vu des douleurs ressenties. Il n’a rien vu. J’ai vite repris le dessus comme si de rien était car je me fais un devoir de ne pas craquer devant lui (oh, je ne dis pas que ça n’arrive jamais, je dis juste que j’essaie de faire en sorte que ça arrive le moins possible car je ne veux pas l’inquiéter). Arrivés à la maison, je ne me sentais pas de faire la cuisine car il m’est impossible de tenir plusieurs minutes debout … mon fils a eu droit à un 4 heures de grand roi devant la télé devant ses dessins animés. Alors, oui, ce n’est pas top au niveau alimentaire mais ça lui a fait plaisir et ça m’a permis de passer outre la préparation d’un repas. Mon fils a mangé à sa faim. Il dînera mieux ce soir. Il était très content qu’on fasse une entorse à nos règles alimentaires. Je me suis posée sur le canapé, à ses côté, en somnolant, quelques minutes. Puis, vient l’heure de la sieste que j’attendais avec tellement d’impatience … mais, Monsieur en avait décidé autrement me disant qu’il n’était pas fatigué. Mon crâne ne cessait de me rappeler à l’ordre, au silence, au calme mais mon fils voulait vivre comme un petit garçon de son âge et s’amusait avec sa maman un mercredi après-midi. Je n’en étais pas capable. Je voulais du repos. Je lui ai proposé une sieste tous les deux sur mon lit. Il n’arrêtait pas de remuer dans tous les sens, j’ai fini par lever la voix en lui disant clairement qu’il s’agissait de dormir pour être en forme ensuite et pouvoir jouer ensemble. Il ne voulait rien entendre. Du fait de la douleur et de la fatigue, je me suis emportée et je l’ai fâché. Je n’aime pas ça. Je déteste ça. Je prône la communication non violente mais j’ai crié. Finalement, à force d’insister, il a fini par s’endormir dans sa chambre dans son lit après que je l’ai calmé et que je lui ai raconté une histoire qui se voulait à visée sophrologique.  Je culpabilise. Je n’aime pas ce qui s’est passé. Je n’aime pas lever la voix après lui alors qu’il souffre déjà bien suffisamment de la situation.

Mais, j’ai décidé de me le pardonner. J’ai décidé de passer outre. Quand il se réveillera, j’essaierai de faire amende honorable et de lui proposer de quoi s’amuser : une activité qui ne me demande pas trop d’effort.

Je crois bien que cette fille du passé dont je vous parlais tout à l’heure n’aurait pas réagi de la sorte. Je crois bien que cette fille ne se serait jamais posé toutes ces questions. Je crois bien aussi qu’elle n’aurait pas vraiment approché les notions de communication non violente, de sophrologie et toutes les choses qui font mon quotidien maintenant et qui me poussent à être meilleure jour après jour malgré la maladie. Je crois bien que cette fille du passé n’était pas si heureuse que ça car elle fuyait la personne qu’elle était et que, moi, au contraire, j’apprends à la découvrir pour mieux l’aimer.

En allant chercher mon fils aujourd’hui à l’école, une chanson passait à la radio et m’a interpellée car elle m’a rappelé à quel point il était important de s’AIMER !

J’apprends à le faire. Cette fille du passé me manque mais j’ai tellement hâte de rencontrer celle de demain.

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3 réflexions sur “Je vais t’Aimer, je vais M’AIMER

  1. Je comprends. Ton texte n’est pas confus, pas du tout. Poignant. J’ai une histoire similaire avec mon diabete de type 2, son cortège de petits maux et de grosse fatigue, rien de bien terrible (loin de moi l’idée de comparer avec la fibromyalgie… pis c’est pas un concours ;), juste assez pour impacter mon quotidien avec un enfant, mais surtout qui m’éloigne tellement de celle que j’étais. Et celle que j’étais en vérité ne prenait pas non plus le temps de s’aimer. J’aime bien ta façon de voir les choses, merci de laarranger 🙂

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